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‘Central African Republic's Most Pressing Need Is Security for its People’

Mme Beatrice Epaye via Centrafrique Press blog -Domaine public

Béatrice Epaye via the CAR Press blog – Public domain

Béatrice Epaye is a former member of Parliament and today a member of the Central African Republic's National Transition Council (CNT), the body tasked with selecting a transitional president who will lead the war-torn country until the next presidential elections. When an uprising plunged the country into crisis in late 2012, the previous President-elect François Bozizé was removed by the Séléka rebels.

The terrible religious conflict continues still in the Central African Republic (CAR). On February 19, heavy fighting erupted near the airport in the capital Bangui. Anti-Balaka groups tried to block the evacuation of Muslims and disrupted a visit by a top United Nations (UN) aid official.  

Epaye agreed to answer our questions on the current situation in the Central African Republic and the steps which need to be taken to avoid a human catastrophe in her country. In addition to her role on the National Transition Council, she is the president of the “La Voix du Coeur” (Voice of the Heart) Centre, which is currently a place of welcome and support for street children in Bangui, the capital of the Central African Republic. She also sits on the Economic and Monetary Community of Central Africa's parliament (CEMAC) in Malabo in Equatorial Guinea, where she represents the Council.

Global Voices (GV): What's the latest situation in your area? 

Béatrice Epaye (BE): Je suis une habitante de Bangui la capitale de la RCA, une ville meurtrie par le conflit. Tous les jours, de chez moi, j'entends des coups de feux venus de certains quartiers de Bangui. Ma maison comme beaucoup d’autres accueillent des proches venus de quartiers plus fragiles. Les gens fuient et beaucoup se sont regroupés dans des lieux qu'ils estiment sécurisés : Aéroport, Mosquées, Églises, dans des familles, en brousse dans la périphérie de Bangui ou en République Démocratique du Congo de l'autre côté du fleuve Oubangui.

De même, le Centre « Voix du Cœur » que j’ai fondé est devenu un lieu de regroupement pour les enfants de la rue en détresse. Là chrétiens et musulmans se côtoient, s’entraident.

Béatrice Epaye (BE): I live in Bangui the capital of the CAR, a town battered by conflict. Every day from my own home I hear shots coming from different areas of Bangui. Like many others, my house welcomes friends who come from the most fragile areas. People are fleeing and many gather together in areas which they feel are more secure: the airport, mosques, churches, with families, in the bush on the edge of Bangui, or in the Democratic Republic of Congo on the other side of the Ubangi River.

Likewise, the Voice of the Heart Centre which I founded has become a gathering place for distressed street children. Christians and Muslims come together and help each other.

GV: How do you manage the uncertainties? What are the most pressing needs so far?

BE: Effectivement c'est une situation difficile et précaire pour tout le monde : à tout moment le pire peut se produire! Quand on sent le danger, on cherche un abri.

Le plus difficile pour les familles et sur les sites des déplacés, c'est de ne pas avoir à manger ni avoir la possibilité de se soigner. Les salaires ne sont pas payés depuis 4 mois, et l'aide humanitaire n'est pas suffisante, ou même parfois inexistante. Dans leurs fuites les populations ont laissé derrière elles le nécessaire pour le quotidien et manquent du minimum pour la survie. Ensuite les enfants ne vont pas à l'école… on en est à un tel point que je ne peux pas le décrire.

BE: It's really a very difficult and precarious situation for everyone: the worst can happen at any moment! When we sense danger we look for shelter.

The most difficult thing for the families, and at the internally displaced persons sites, is having nothing to eat and no possibility of taking care of yourself. Salaries haven't been paid in four months, and humanitarian aid is not sufficient and sometimes even non-existent. As they fled, populations left behind things necessary for daily life and don't have the minimum needed to survive. Then children aren't going to school… we've reached such a point that I can't even describe it.

GV: How has the violence between Christians and Muslims increased so quickly in a country that isn't known for religious conflicts?

BE: Effectivement, le pays n'a jamais connu de conflits religieux. Les deux communautés ont toujours vécu ensemble en cohésion. Les familles s'échangent les repas lors des fêtes de Pâques, de la Tabaski, du Ramadan, de Noël et lors des mariages religieux. Lors du coup d’État nous avons vu parmi les rebelles des étrangers, engagés comme mercenaires. Depuis le début de leur progression ils ont utilisé les communautés musulmanes avec un discours de libérateurs des musulmans face aux mécréants qui les maltraitent. Ils ont pu enrôler beaucoup de jeunes qui les ont aidé à s'attaquer aux biens de l’église et faire les exactions que nous avons tous connues. Jusqu’à maintenant, nous avons toujours recherché à vivre en harmonie entre Centrafricains, avec nos différences de confessions ; comme nation, nous avons aussi accueilli beaucoup de personnes et de familles venant des pays voisins.

Cependant, il y a l'attitude de certains agents de l’État face à des concitoyens ou des résidents qu’ils supposent musulmans. Ceux-ci sont freinés dans leur démarche pour un papier administratif ou pour passer un barrage des forces de l'ordre. De même, les populations du nord-est de la RCA proches du Tchad et du Soudan (Darfour), vivant à plus de 1000 KM de la capitale, et majoritairement musulmanes, bénéficient peu du soutien de l’Etat parce que l’administration et les services publics sont quasi inexistants dans cette région, ce qui peut amener les habitants à se sentir laissés pour compte. Ces populations sont plus liées aux populations frontalières des autres pays voisins, ce qui est normal et parlent ensemble la même langue, ont une culture proche, mais ils sont alors perçus comme étrangers et eux-mêmes se sentent loin de la majorité chrétienne du pays. Au cœur du conflit que nous vivons, en ce moment, la grande majorité silencieuse des Centrafricains refusent la violence et beaucoup ont eu a agir pour protéger ou sauver la vie d’autres, souvent d’une autre communauté religieuse qu’eux.

BE: The country has never really known religious conflict. The two communities have always lived together with cohesion. Families exchange meals at Easter, Tabaski, Ramadan, Christmas and at religious marriages. When the revolution happened, we saw foreigners amongst the rebels, taken on as mercenaries. Since they started to advance they've made use of Muslim communities by making speeches about freeing Muslims from infidels who have treated them badly. They were able to recruit many young people who have helped them attack church property and carry out abuses which we've all experienced. Until now, we've always sought a harmonious life between Central Africans with our different faiths. As a nation we've also welcomed many people and families from neighbouring countries.

However, there is an attitude which certain public officials have concerning fellow citizens or residents who they believe to be Muslim. The movement of these people is slowed down by checking administrative documents or going through a security checkpoint. In the same way, populations in the northeast of the CAR close to Chad and Sudan (Darfour), who live more than 1,000 km from the capital and the majority of whom are Muslims, receive little benefit from state aid because the administration and public services are almost non-existent in this region, which can lead to local residents feeling overlooked. These populations are more closely linked to border populations from other neighbouring countries, which is normal, they speak the same language together, have cultural similarities, but then they are seen as foreigners and themselves feel a long way from the country's Christian majority. At the heart of the conflict which we're living in at the moment is the large Christian silent majority refuses violence and many have had to act to protect or save other people's lives, often from a different religious community to their own.

GV: You say that it's critical that the communities talk to each other and have a dialogue in order to solve problems. In your opinion, what conditions are needed in order to set up this dialogue? How can the international community help in this area?

BE: J'estime que parallèlement à la sécurisation du pays il faut commencer la réconciliation entre les communautés.

Tout d'abord, rassurer la communauté musulmane qui est en train de quitter le pays, elle fait partie prenante de la RCA. Il s'agit de réfuter toute idée soit de les chasser, soit de scission du pays. Il faut éliminer dans les mentalités la confusion systématique entre Seleka et musulman.

Inviter à ouvrir un processus de dialogue politique entre toutes les parties prenantes aux conflits, mais aussi avec les acteurs non-armés afin de lancer un processus de réconciliation nationale à même d'apaiser aujourd'hui les populations désemparées et leur redonner confiance dans l'avenir.

Dès la rentrée scolaire, qu'on commence à mettre en place un programme sur le vivre ensemble pour les enfants, et aussi l'élargir dans les quartiers et villages.

Il faut renforcer la sensibilisation déjà initiée par la plate-forme inter-religieuse dans les Églises, les Mosquées et autres Temples, ainsi que d'autres initiatives locales qui concourent à la paix”. Il est vrai que l'idée d'organiser des élections fait partie des priorités de la Communauté internationale, mais cette idée fait certainement peur à la communauté musulmane centrafricaine. C'est pourquoi il serait souhaitable que parallèlement au processus électoral, soit amorcé un programme de réconciliation nationale, une démarche qui assure à chacun qu’il sera reconnu comme centrafricain à part entière.

BE: I believe that parallel to securing the country we have to start the reconciliation process between communities.

First of all, we must reassure the Muslim community, which is in the process of leaving the country, that they are a stakeholder in the CAR. We have to refute any idea of banishing them or splitting the country. We have to eliminate the systematic confusion in people's minds between Seleka and Muslim.

We must encourage the opening of a political dialogue between all parties taking part in the conflict, but also key players who are not fighting, in order to start a national reconciliation process to give comfort to helpless populations and give them back confidence in the future.

Once the new school year begins we must set up a children's program about living together and also extend this to urban areas and villages.

We have to support the raising of public awareness, which has already been initiated by the inter-religious platform in churches, mosques, and other temples, just like other local initiatives which lead to peace. It's true that the idea of organising elections is amongst the priorities of the international community, but this idea also scares the Central African Muslim community. That's why it would be desirable to launch a national reconciliation program alongside the electoral process, an approach which assures everyone that they will be recognised as fully Central African.

GV: What are the other pressing needs for Central Africa at the moment? What solutions can be put forward?

BE: Le besoin le plus pressant pour la RCA c'est d'abord la sécurité pour son peuple. L'idéal serait que les familles rentrent chez elles avant les premières pluies du mois de février, que l'aide humanitaire arrive aux habitants partout où on peut les trouver (alimentation, eau potable, soins, couchages, produits d'hygiène, vêtements…). Ce serait aussi le paiement des salaires aux fonctionnaires.

BE: The CAR's most pressing need is security for its people. Ideally, families would be able to return to their homes before the first rains in February and humanitarian aid would arrive for local people wherever they are (food, drinking water, medical supplies, sleeping bags, hygiene products, clothes..). Also, public officials would have their salaries paid.

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