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Meet 3 Talented African Lady Geeks Involved in New Media

Written by Rakotomalala · Translated by Carol Bidwell On 5 February 2014 @ 21:54 pm | 3 Comments

In Blogger Profiles, Cameroon, Citizen Media, Cote d'Ivoire, Digital Activism, English, France, French, Madagascar, Media & Journalism, Photos, Sub-Saharan Africa, Technology, Weblog, Women & Gender

The new technology sector is booming on the African continent. The force behind this growth is mainly driven by the talent and passion of young Africans for innovation and information technology. However, these talented young people are also well aware that various areas of the tech industry in Africa are still a work in progress: skill development, competitiveness and equal opportunities for all.

We asked three talented bloggers from Francophone Africa for their opinions on new media in their region and what being a female geek (known as a ‘geekette [1]‘) means for them.

Mariam Diaby [2] [fr], who is based in Côte d’Ivoire, defines herself above all as an entrepreneur interested in all things digital. Her studies took her as far as London to the London South Bank University.

Julie Owono [3] is a lawyer at the Paris Bar. Originally from Cameroon, she contributes regularly to online publications such Global Voices and Quartz Magazine and is head of the Africa office of Internet Sans Frontières (Internet Without Borders).

Lalatiana Rahariniaina, based in Antananarivo, Madagascar, has been blogging since 2008. Passionate about writing and photography, Lalatiana shares her views on Malagasy society on her French-language blog Ampela Miblaogy [4] (Woman Who Blogs). One of the winners of Radio France International's Mondoblog competition in 2011, she received training from the Atelier des Médias [5] [fr] – RFI in Senegal. Atelier des Médias is a francophone social network that studies the evolution of media around the world.

Mariam Daby with permission

Mariam Daby. Photo used with her permission

Global Voices (GV): Do you think of yourself as a geek (or geekette)? 

Mariam Diaby (MD): Alors là, pas du tout. C'est vrai que j'ai toujours adoré les jeux vidéos (même si je n'y joue plus très souvent), que mon premier réflexe est de “tripatouiller” tout nouvel appareil technologique qui me tombe sous la main, que l'informatique a fait partie de mon cursus universitaire et que je travaille dans le domaine, mais non, je ne suis pas une Geek. Je suis juste attentive au monde des NTIC.

Mariam Diaby (MD): Not at all. It's true that I've always loved video games (even if I don't play them very often), that my first instinct is to play around with any new device that falls into my hands, that IT is major part of my studies at university, and that I work in that field, but I'm not a geek. I just pay close attention to the world of IT.

Julie Owono (JO): Qu'est-ce qu'être une Geekette, aurais-je envie de demander. Dans l'imaginaire, Geek et son féminin Geekette représentaient des êtres peu sociables, toujours le nez dans leur ordinateur, à la poursuite du dernier gadget électronique. Cette vision a sûrement changé aujourd'hui, et si Geekette, c'est être une personne qui utilise de manière intensive les nouveaux médias, dans un but précis, je pense en effet pouvoir dire que j'en suis une. Internet et les outils qui en sont des dérivés offrent des possibilités en terme de démocratie, de participation multi-acteurs dans le jeu politique, de gouvernance, de transparence, toutes ces questions qui m'importent. Je suis à ce sujet très fière d'un outil nommé Feowl sur lequel j'ai travaillé, et qui permet de mesurer le défaut d'électricité dans les métropoles africaines.     

Julie Owono (JO): ”What does it mean to be a geekette?” is what I want to ask first. It used to be that geeks and geekettes were thought of as unsocial, with their noses pressed to their computer screens, searching for the latest electronic gadget. This perception has surely changed today, and if being a geekette means being someone who uses new media intensively with a specific goal, I think I could say I'm one. The Internet and related tools offer possibilities in terms of democracy, multi-stakeholder participation in politics, government, transparency, all of these things which are important to me. In this respect, I'm really proud of a tool I'm working on called Feowl, which allows the electricity deficit in African cities to be measured.

Lalatiana Rahariniaina (LV): Si geek veut dire être passionné dans un domaine précis – dans mon cas le blogging – alors je pourrai peut-être en faire partie. Je tiens juste à préciser que ma vie n’est pas que virtuelle.

Lalatiana Rahariniaina (LV): If being a geek means being passionate about a specific topic – in my case blogging – then maybe I am one. But just to be clear, my life is more than just the online world.

GV: How are female African geeks seen in the world of new media?

MD: Je crois que les femmes africaines ont su s'imposer ces dernières années. Des femmes comme Marieme Jamme [6] représentent le visage de la “Technology African Woman”. Il n’ y a pas de différence entre femmes et hommes, il n'y a que les compétences qui parlent, et sur ce point il n'y a rien à redire. Pour moi, elles ont le mérite qui leur revient.

MD: I think African women have known how to find a place for themselves in recent years. Women like Marieme Jamme [6] represent the face of the ‘Technology African Woman'. There is no difference between women and men, what's important is their skills, and on that point there's no more to be said. For me, those women deserve a lot of credit.

Julie Owono avec sa permission

Julie Owono. Photo used with her permission

JO: Il faut d'abord signaler que nous ne sommes malheureusement pas si nombreuses… ou alors nous nous cachons bien ! J'organise parfois des formations portant sur l'utilisation des nouveaux médias, les candidatures féminines se font rares ! A quoi cela est dû, peut-être est-ce à cause de l'éducation distributive, en fonction des genres, qui irrigue encore le système éducatif et l'inconscient de beaucoup de parents dans l'éducation qu'ils transmettent à leurs enfants : les filles auraient plus des âmes de littéraires que de techniciennes. Il faut croire que les choses ne sont pas si différentes ailleurs qu'en Afrique, mais fort heureusement, elles sont en train de changer progressivement. On voit se développer sur le continent de plus en plus de programmes pour encourager les vocations de femmes technophiles, et celles-ci, surtout parmi les jeunes générations, ont une idée différente de leur place dans ce monde des nouveaux médias, et de leur rapport avec ces nouveaux médias. Et puis, le fait d'avoir de plus en plus de modèles ne peut qu'aider. J'ai moi-même été, et suis toujours, très inspirée par le parcours d'Ory Okolloh. Donc pour répondre, la geekette africaine c'est encore une perle trop rare, mais c'est aussi un formidable réservoir d'idées, de projets, et de progrès.

JO: First of all, it needs to be said that there aren't many of us… or we're hiding somewhere! Sometimes I organise training events for using new media, and female participants are rare! Why that is, maybe it's because of distributive education, based on gender, which still guides the principles and subconscious of lots of parents in educating their children: girls are seen as literary, not technical. Things aren't very different outside of Africa, but happily they are changing slowly. We're seeing more and more programmes being developed to encourage girls to choose technical careers, and these women, particularly in younger generations, have a different idea of their place in the world of new media and their relationship to new media. And the fact that they have more and more role models must help too. I myself was, and am, always inspired by Ory Okolloh [7]. So as an answer, the African geekette is still too rare, but she's also an incredible reservoir of ideas, projects and progress.

LR: Je ne pense pas que dans le monde des nouveaux médias on distingue particulièrement les femmes des hommes. Cependant, si on parle de Madagascar, on constate qu’il y a peu de femmes par rapport aux hommes qui s’intéressent réellement aux nouveaux médias.

LR: In the world of new media, I don't think we really discriminate between women and men. But if we talk about Madagascar, you can see that there are few women in relation to men really interested in new media.

GV: Regarding ‘bro’ culture in Silicon Valley, is the glass ceiling more difficult to break through in the world of new media?

MD: Je ne pense pas du tout, au contraire. Les réseaux sociaux sont tellement efficaces en terme de viralité, qu'il est encore plus facile de diffuser l'information sur les geekettes comparé aux médias traditionnels.

MD: I don't think so at all. To the contrary, social networks are so effective in terms of going viral that it's even easier to diffuse information about geekettes compared to traditional media.

JO: Finalement, à force de vouloir être totalement différent, “disruptive” comme on dit, le secteur des nouveaux médias a fini par ressembler aux secteurs d'activités plus traditionnels : un monde sexiste, où les femmes n'aurait qu'exceptionnellement un rôle important à jouer. Pour autant, contrairement à avant, le plafond de verre est peut-être moins insurmontable : avec Internet, et l'ouverture que cet espace offre, il peut être un peu moins compliqué d'accéder à un réseau d'autres femmes ayant réussi, et de se faire introduire, d'être soutenu lorsqu'on a des idées, de mettre en application ces idées avec trois sous pour commencer, recevoir des financements, avoir des modèles de réussite (je pense à Sheryl Sandberg, Marissa Meyer et al.), comme je l'écrivais plus haut. Le plafond de verre il est surtout dans le mental à mon avis : penser que pour y arriver dans ce domaine, il faudrait avoir le cerveau d'un homme dans un corps de femme.

JO: At the end of the day, by seeking to be completely different, ‘disruptive’ as we say, the new media sector has ended up resembling more traditional branches of business: a sexist world, where women only rarely have an important role to play. Nevertheless, compared to before the glass ceiling is maybe less impossible to break through; with the Internet and the opportunities that it offers, maybe it's a bit less complicated to get in touch with a network of other women who have succeeded, to be introduced as a newcomer, to be supported in our ideas, to start working on these ideas without the need for a huge amount of capital, to get financial aid, to have successful role models (I'm thinking of Sheryl Sandberg [8], Marissa Meyer [9] etc.), as I mentioned before. In my opinion, the glass ceiling is above all psychological: thinking that to get somewhere in this field, you need to have a man's brain in a woman's body.

Lalatiana Rahariniaina avec sa permission

Lalatiana Rahariniaina. Photo used with her permission

LR: Je ne crois pas. Dans le cas de Madagascar, comme je l’ai dit précédemment, les intérêts des femmes sont ailleurs. C’est ma façon de voir en tout cas. Mais j’avoue que c’est un défi permanent entre les tâches, les devoirs, les activités qui m’incombent. Et c’est peut-être l’une des raisons de cette grande absence des femmes malgaches dans le monde des nouveaux médias. Sinon, puisqu’on parle du sujet, le glass ceiling n’a pas sa raison d’être. Si les femmes veulent vraiment s’y mettre, je ne vois aucune raison qui pourrait les en empêcher. Il faut arrêter de se passer pour des victimes. C’est une grande opportunité pour montrer ce dont femmes sont également capables de faire sans toujours vouloir « s’immiscer » ou entrer « de force » dans une « culture bro ». A croire qu’on doit demander la permission aux hommes. Pourquoi ne pas créer notre « propre culture » ? Petite précision, je ne cherche pas à dénigrer qui que ce soit en disant cela – genre groupe d’hommes contre groupe de femmes. C’est juste pour dire que de notre côté, nous les femmes, nous pouvons également faire les choses, alors faisons-les.

LR: I don't think so. In Madagascar, as I said before, women's interests lie elsewhere. That's how I see it, anyway. But I admit that it's a constant challenge, between the tasks, the obligations and the activities that fall to me. And maybe that's one of the reasons for this absence of Malagasy women in the field of new media. But seeing as we're on the subject, there is no reason for the glass ceiling to exist. If women really want to do so, I don't see any reason why they shouldn't achieve their goals. The victim culture needs to stop. It's a great opportunity to show that women can achieve just as much without always wanting to ‘interfere’ or push their way into the ‘bro’ culture. You would think we need men's permission. Why not create our own culture? Just to be clear, I'm not trying to take away from anyway by saying that – I don't see it as women against men. All I want to say is that we, as women, can also do things, so let's do them!

GV: What are the strengths and weaknesses of geek culture in your country?

MD: En Côte d'Ivoire, nous avons des Geeks, des informaticiens et des sympathisants de la technologie. Parmi les Geeks, il y a ceux qui pensent innovation et développement, et il y a les autres. Nos technologues font bouger les choses à petits pas avec la communauté qui grandit, mais l'accès technologique n'est pas optimal pour qu'une culture geek s'impose et que notre Silicon Valley locale éclose réellement. Cependant, ces dernières années, ça bouge fort avec les forums et évènements technologiques.

MD: In Côte d'Ivoire, there are geeks, IT technicians, and people who like technology. Among the geeks, there are some who focus on innovation and development, and some who don't. Our technologists are making progress in small steps with a community that is growing, but access to technology isn't good enough for a geek culture to really get off the ground and for our own Silicon Valley to really flourish. Despite that, in recent years there has been a lot of movement, with forums and technology events.

JO: La culture geek au Cameroun évolue rapidement, elle est dynamique, inventive. Elle se créé ses propres opportunités, et je pense qu'elle fera évoluer la société. Sa principale faiblesse : les pouvoirs publics camerounais n'ont pas encore compris l'intérêt d'investir massivement dans les nouvelles technologies. C'est d'ailleurs le sens d'une préoccupation que j'ai quand je pense à mon pays : le coût prohibitif de l'accès à Internet. Quelle culture geek peut sereinement s'épanouir sans un Internet de bonne qualité et à un prix raisonnable ?

JO: The geek culture in Cameroon is changing rapidly, it's dynamic, inventive. It's creating its own opportunities, and I think it will make society change too. The main weakness is that the administration in Cameroon hasn't yet understood why it should make huge investments in new technology. That's the reason behind one of my preoccupations when I think about my country: the prohibitive cost of Internet access. What sort of geek culture could blossom without high quality Internet at a reasonable price?

GV: What would you like to see changing in the near future regarding IT?

MD: De la vulgarisation  des investissements pour la formation et l'équipement. C'est entre autre, ce dont le secteur IT a besoin en Côte d'Ivoire.

MD: Greater investment in education and equipment. That's one of the things the IT industry needs in Côte d'Ivoire.

JO: Plus de femmes bien sûr, et un Internet beaucoup moins cher en Afrique Sub saharienne.

JO: More women, of course, and much cheaper Internet access in Sub-Saharan Africa.

LR: Une meilleure utilisation des outils TIC par les citoyens.

LR: People making better use of ITC tools.


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URLs in this post:

[1] geekette: http://en.wiktionary.org/wiki/geekette

[2] Mariam Diaby: https://plus.google.com/u/0/107960755082908489478

[3] Julie Owono: http://globalvoicesonline.org/author/julie-owono/

[4] Ampela Miblaogy: http://ariniaina.mondoblog.org

[5] Atelier des Médias: http://atelier.rfi.fr/

[6] Marieme Jamme: http://mariemejamme.com/

[7] Ory Okolloh: http://www.kenyanpundit.com/

[8] Sheryl Sandberg: http://en.wikipedia.org/wiki/Sheryl_Sandberg

[9] Marissa Meyer: http://en.wikipedia.org/wiki/Marissa_Meyer

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