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Interview: “How Are Things in Bamako, Mali?”

While France is fighting Islamists in Mali, Paris-based documentary-maker Anne Morin [fr] has been video chatting with her friend Awa Traoré [fr] in Bamako, Mali about the struggles she faces in adopting a child in the conflict-ridden country.
They decided to share a video journal [fr] of their Skype conversations on YouTube, which indirectly offer a rich backdrop about life in war-torn Mali. Initially, they wanted to do one video journal a day; but it was only possible to maintain this rate for a few days. So they started conducting the interviews and posting them on YouTube every week.

Following a long silence after the ninth edition, the tenth video of the series has been just put on line:

Anna Gueye used the opportunity to ask Anne Morin some questions.

Anna Gueye (Global Voices): Why did you create this series?

Anne Morin: Je ne pouvais pas juste rester là à attendre des infos de la presse et je voulais rester en lien avec les amis du Mali et Awa en particulier qui est une amie récente mais avec laquelle je partage beaucoup de choses car elle est aussi réalisatrice de documentaires.
C’est une conversation entre Awa et moi; ce qui moi me soucie c’est par rapport à notre projet d’adoption d’un enfant malien.

Anne Morin: I couldn't just sit there waiting for news from the press, and I wanted to stay in touch with friends in Mali, in particular with Awa who is a new friend with which I share many things because she too directs documentaries.
It is a conversation between me and Awa; what I care about is the relationship to our project to adopt a Malian child.

Why Mali?

Mes beaux-parents (70 et 75 ans) font de l’humanitaire dans le pays Dogon depuis 10 ans. Ils ont créé une association Jean d’Argile qui en association avec via Sahel a monté un laboratoire biologique dans l’hôpital de Sangha. Cela fait donc des années que je vais au Mali.

My in-laws (aged 70 and 75) have been doing humanitarian work in the Dogon Country for 10 years. They created a Jean d'Argole association who, together with via Sahel set up a biological laboratory in the Hospital of Sangha. So it has been years since I went to Mali.

In the videos above you say that international adoptions have been stopped in Mali. Why is that?

Tout a commencé avec la promulgation du nouveau code de la famille, en janvier 2012, dont l’article 540 limite l’adoption-filiation aux seuls ressortissants maliens. Pendant quelques mois, malgré tout, l'adoption a continué comme avant. Mais en novembre, la Ministre de la Promotion de l’Enfant, de la Femme et de la Famille, Madame Alwata Ichata Sahi, a décidé d’arrêter les adoptions internationales. Il s’agissait alors de répondre à une lettre du Secrétaire de la Convention de La Haye, traité international régissant l’adoption et dont le Mali est signataire. Cette lettre demandait aux autorités maliennes de se mettre en concordance avec le traité international [qu’elles ont signé] et proposait deux alternatives : (i) soit arrêter les adoptions internationales vers des non-Maliens puisque la  nouvelle loi nationale l’interdisait ; (ii) soit de modifier la loi. Les autorités maliennes ont choisi la première alternative, et sans préavis aucun.

It all started with the creation of the new Family Code, in January 2012, article 540 of which limits adoption to Malian nationals. For a few months, however, adoptions continued as before. But in November, the Minister of the Advancement of Children, Women and Family, Mrs Alwata Ichata Sahi, decided to stop international adoptions. It was then necessary to respond to a letter from the Secretary of the Hague Convention, international treaty governing adoption and to which Mali is a signatory. The letter asked the Malian authorities for agreement with the international treaty [which they signed] and proposed two alternatives: (i) either stop adoptions to non-Malians as prohibited by the new national law or (ii), amend the law. Without any warning, the Malian authorities have chosen the first option.

How many prospective adopters are affected?

A l'époque, environ 150 dossiers de candidats étrangers à l'adoption (Français en majorité, Italiens, Espagnols, Canadiens…) avaient été dûment sélectionnés sur des critères moraux et matériels. Leur probité avait alors été reconnue. Ces candidats sélectionnés, attendaient, en confiance, parfois depuis des années, que le Mali leur confie un enfant abandonné. Existait alors un engagement mutuel entre eux et le Mali.

At this time, approximately 150 records from foreign prospective adopters (mostly French, then Italians, Spaniards, Canadians…) had been duly selected on moral and material grounds. Their integrity had therefore been recognized. These selected candidates were waiting, trustingly, sometimes for years, for Mali to entrust to them an abandoned child. Therefore a mutual commitment existed between themselves and Mali.

Was a transitional policy considered?

Malheureusement non. La Convention de La Haye est pourtant très précise : Retarder le placement familial permanent d'un enfant, surtout dans les cas de transition pourrait être contraire  au principe supérieur de l'enfant. Or, aucune politique transitoire n'a été mise en place. Les placements n'ont pas été retardés, ils ont brutalement cessé. Et ce qui était cyniquement prévisible advient désormais: l'adoption par les ressortissants maliens étant dérisoire, les pouponnières souffrent d'un effectif pléthorique. Autrefois financées en grande partie par des ONG étrangères de parents adoptifs et candidats à l’adoption, elles ont vus, avec l'arrêt de l'adoption internationale, leur budget fondre. Ce qui signifie, très pragmatiquement qu'elles manquent de tout : eau, lait, nourriture, l'essentiel pour survivre, sans parler de couches ou de biberons ; cela signifie qu'elles ne peuvent plus rémunérer leur personnel, que les enfants manquent de soins (*).

En outre, on soupçonne une recrudescence des infanticides, l'abandon étant interdit au Mali et les pouponnières étant surchargées.

Ce constat ne vient pas de nous. Il est admis de tous les acteurs de l'adoption au Mali qui se sont rassemblés du 16 au 18 mai à Bamako, à l'initiative du Ministère de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, lors de l'Atelier de concertation sur l'adoption. Tous se sont accordés sur la nécessité absolue de solutions d'urgence humanitaire.

Unfortunately not. The Hague Convention is very precise that delaying the permanent placing of a child in a family, especially in the case of transition could be contrary to the best interests of the child. However, no transitional policy was set up and placements were not simply slowed down, they were brutally stopped. Following which, what could have been cynically predicted happened: adoption by Malian nationals being negligible, the nurseries for homeless infants started overflowing. Previously funded in the main by foreign NGOs for adoptive parents and prospective adopters, they have seen their budget collapse with the stopping of international adoptions. Which means, on a day-to-day basis they lack everything: water, milk, food, the basics for survival, not to mention diapers or baby bottles. This means that they can no longer pay their staff and that the children lack care (*).In addition, an increase in infanticide is suspected, abandonment being prohibited in Mali and the nurseries for homeless infants being overloaded.This is not our own observation. It is accepted by all stakeholders in adoption in Mali who gathered from May 16 to 18 in Bamako, at the initiative of the Ministry for the Advancement of Women and Children, during the workshop for dialogue on adoption. Everyone was agreed on the absolute necessity for urgent humanitarian solutions.

How might the situation change?

La seule recommandation que préconise le ministère est une modification de la loi et ce après les prochaines élections, prévues  en juillet. Au mieux, ce ne serait donc pas avant de nombreux mois que les apparentements et les adoptions reprendraient.

Les enfants sont déjà en attente et manquent de tout depuis 8 mois. Dans la vie d'un nourrisson, 8 mois sont une éternité. La temporalité de la démarche législative, pour légitime qu'elle soit, ne doit pas venir en opposition avec la temporalité d'un nourrisson.

La solution humanitaire d'urgence est pourtant à portée de main : apparenter les candidats déjà sélectionnés,  ceux-là même qui se sont engagés à aimer et élever dans leur foyer un enfant du Mali dans le respect de sa culture d'origine.

C'est peut-être une lecture interprétative de la loi mais elle a déjà été faire au début du mois de mai 2013 : 8 jugements d'adoption d'enfants apparentés avant octobre 2012  auprès de familles européennes, ont enfin eu lieu. Dans l'intérêt supérieur de l'enfant, et parce qu'il y a urgence, qu'il y a non-assistance à personne en danger, cette interprétation-là est la bonne.

The only recommendation from the Ministry is modification of the law after the next elections, scheduled for July. Therefore, at best, it will be many months before links would be recreated and adoptions resume.Children are waiting and lack everything from 8 months onwards. In the life of an infant, 8 months is an eternity. The timescale of the legislative approach, as legitimate as it may be, must not come into opposition with the timescale of an infant.Nevertheless, an emergency humanitarian solution is at hand which is to link up with the already selected candidates, those who committed themselves to love and raise a child of Mali in their homes while respecting its culture of origin. This may be an interpretative reading of the law but a precedent was set at the start of May 2013 when 8 adoption judgments for children who had been linked up with prospective European families before October 2012 finally took place. In the best interests of the child, and because of the urgency, and of the lack of assistance to anyone in danger, this interpretation is the right one.

(*) Gifts are regularly sent to nurseries for homeless infants and there, 4 thousand litres of milk has been made up – diapers and clothes should be able to go next week. There are one hundred children available for adoption in Bamako.

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